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ANPEI

Canaux de Bourgogne : ils doivent vivre !

lundi 3 novembre 2008, par Gérard Cottenceau

Il est difficile d’imaginer que la navigation pourrait s’arrêter sur tout le centre de la France. Pourtant il ne s’agit pas d’un scénario catastrophe mais d’une réalité qui nous menace à court terme.

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L’Etat a chargé Voies Navigables de France de transférer les canaux dits touristiques vers les Collectivités Territoriales. Des opérations de décentralisation précédentes ont abouti ainsi à ce que les voies d’eau de Bretagne, d’Anjou ou de Picardie soient placées sous la propriété et la responsabilité totales des Collectivités concernées.

La Région Bourgogne qui est parcourue par 1 000 kms de voies navigables, dont près de 500 kms de canaux transférables (canal du Nivernais, du Centre et de Bourgogne), a immédiatement déclaré vouloir assumer ses responsabilités. Cette volonté était assortie de conditions permettant de boucler un financement dont on sait qu’il nécessite de mobiliser des moyens non négligeables en raison de l’état des canaux et de leur indispensable adaptation à la navigation d’aujourd’hui (voir Fluvial n ° 177 de novembre 2007).

Depuis lors l’ANPEI, qui a engagé une relation de partenariat sur ce dossier avec la Région Bourgogne, peut témoigner d’un engagement réel de la Région pour faire aboutir ce dossier.

Toutefois, parmi les quatre départements de la Région Bourgogne la volonté de la Saône et Loire et de la Côte d’Or tarde à se manifester clairement. Ce que la presse relatait ainsi lors des Assises du Tourisme de la Région le 23 octobre dernier (le Conseil d’Administration de l’ANPEI y était représenté par Gérard Cottenceau) : "Mais, François Patriat (Président du Conseil Régional) a également évoqué la question du transfert des canaux qui doit s’effectuer avec des financements de l’Etat (5 millions d’euros annuels pendant cinq ans) et des collectivités (5 millions d’euros également sur la même durée), soit 70 M€ en tout. « Je n’ai toujours pas l’accord des départements de la Côte-d’Or et de la Saône-et-Loire pour la prise en charge de ceux-ci… », a précisé le président du conseil régional. « Nous avons annoncé que nous dégagerions 1,8 M€ et nous demandions à chaque département bourguignons de mettre 800 000 € sur la table. » Il a ajouté : « La région ne pourra pas prendre sur ses ressources propres la somme totale des 5 millions. Ou alors, rejoignons ce grand débat sur le partage des compétences. Et que l’on nous dise franchement que les voies navigables font partie des compétences de la Région. Si l’on me donne les 5 millions, je le fais tout de suite… » "….

Pour la navigation il faut des moyens.

Sans sombrer dans le catastrophisme il faut regarder la réalité en face. Le transfert des canaux de Bourgogne ne se fera pas si chacun des départements ne veut pas s’engager sur le plan financier. Accord des départements ou pas, les moyens financiers sont déterminants pour assurer une navigation digne de ce nom sur les canaux.

L’attitude de VNF aujourd’hui est révélatrice de ce qui menace les canaux de Bourgogne. Non seulement il y a une réduction des effectifs constante et cumulative de 2% par an qui chaque année fragilise un peu plus la circulation des bateaux mais il y a également des abandons réels de voies navigables, deux exemples :
- la partie de la Somme canalisée entre le canal du Nord et le canal de St Quentin pour refus de dragage par VNF
- les collectivités locales viennent de financer un port à St Amand les Eaux mais la Scarpe est impraticable parce que VNF ne veut pas faire les travaux nécessaires sur un pont et les plaisanciers doivent faire le tour par la Belgique pour rejoindre le port

La menace est réelle

En l’absence de transfert des canaux de Bourgogne, les réductions d’effectifs remettent en cause la fluidité de la navigation et c’est déjà inquiétant. Mais qu’un problème, à l’image des exemples ci-dessus, intervienne et, que VNF refuse de faire les travaux nécessaires, alors la navigation s’arrête.

Cette situation ne peut être ignorée des plaisanciers, des professionnels et des collectivités locales.


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