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On naviguera sur le canal d’Orléans en 2012

lundi 27 octobre 2008


(L’Eclaireur du Gatinais du 22/10/08)

Depuis les années cinquante, seuls les bouchons des pêcheurs à la ligne troublent les eaux dormantes du canal d’Orléans, superbe ouvrage bordé de grands arbres, qui joint le canal du Loing à la Loire, de Châlette à Combleux. Pourtant, il y a bien longtemps, à la fin du XVIIe siècle, le canal fut creusé dans un but purement commercial. Il a pris naissance au vieux port de Grignon, sur la com-mune de Vieilles-Maisons (soit en son centre actuel), sous le premier nom de « canal de Maheu ». Sa vocation première était alors d’acheminer le bois de la forêt d’Orléans, depuis la Seine jusqu’en Loire. Ensuite, les haleurs - hommes le plus souvent, chevaux de trait par-fois - ont fait passer ses nom-breuses écluses (27 au total) à quantité de bateaux, trans-portant les marchandises les plus variées, des pierres de carrière, du sel ou du vin, entre autres.

Mais l’arrivée du chemin de fer a mis un frein aux riches heures du canal, et en 1954, tout trafic cessait.

80 millions d’euros pour redynamiser le tourisme

Or, le Conseil général (qui gère ce canal appartenant à l’État par voie de convention) a décidé d’investir de façon importante dans la restaura-tion du canal, pour à terme, le rouvrir à la navigation. Depuis 1985, le Département a déjà investi 20 millions d’euros dans ce but, à raison de 500.000 € par an. Les maisons éclusières ont fait l’objet d’une rénova-tion ainsi que douze écluses, sans compter restaurations de berges, ouvrages hydrauliques et opérations de curage.

L’objectif de ces travaux coûteux - en tout, 80 millions d’euros selon l’estimation de 2004 - est donc de remettre le canal en navigation, d’abord sur les deux portions de Combleux à Fay-aux-Loges, et de Châlette à Grignon, à l’horizon 2012 voire 2010, si tout va bien. Et, à moyen terme, soit d’ici 2020, devrait suivre la portion de Fay-aux-Loges à Grignon

Comme l’explique Manuel Baude, en charge de ce dos-sier au Conseil général : « La navigation n’est pas le but en soi. ll s’agit aussi de redonner un nouvel élan au tourisme et au commerce local, de favoriser les circuits de randonnée le long du canal, etc. ». La réussite de la Caravane de Loire proposée par le Conseil général, cet été, laisse bien augurer de l’intérêt renouvelé pour le canal d’Orléans, long-temps assoupi.

En pleine réfection des berges

Les vingt communes adhérant au SMGCO (Syndicat mixte de gestion du canal d’Orléans), chargé de l’entretien et de la gestion courante du canal, se montrent forcément intéressées par le regain touristique ainsi attendu. Alors pour l’heure, les travaux vont bon train, comme à Chailly, où trois écluses viennent d’être restaurées entièrement : La Vallée, Rougemont et Chailly-bourg. Voilà un bon mois, venait le tour du déversoir de Rougemont et d’une passerelle en amont, refaits à neuf. Et un nouveau mois de travaux de réfection de berges a démarré, avec installation de pieux en bois et de végétaux ; priorité au naturel ! Mais le plus long, ce sera le curage du canal, sur les parties appelées à accueillir péniches ou bateaux de plaisance. Cette fois, il y en aura pour trois ans environ, mais le réveil du canal mérite bien un peu de patience !

Les problèmes à résoudre pour rouvrir le canal

La première condition de la remise en navigation du canal, c’est de réaliser d’ici là, après les restaurations d’écluses et ouvrages divers, toutes les reprises de berges (pour 45 millions d’euros en tout) et le curage de l’ensemble des parties concernées (23 millions d’euros). Des incertitudes de départ avaient été mises au jour par l’étude stratégique deman-dée par le Département, concernant l’alimentation en eau, en période estivale. On pensait qu’il serait nécessaire d’augmenter cette alimentation en eau. Mais l’étude hydraulique a démontré ensuite que les ressources actuelles en eau sont suffisantes pour le scénario à court terme (réouverture des deux tronçons concernés par l’échéance 2012). De nouvelles ressources seraient mobilisables par la suite. Et puis, après les travaux en cours, il restera, d’ici à l’horizon 2012, à restaurer l’écluse du Hatteau sur Coudroy, l’éclu-se du Bas de Grignon, plus les travaux déjà cités et la restauration des extrémités du canal.

B. B.


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